Fabienne BONNET

Diététicienne Nutritionniste Spécialisée en Micronutrition

L'importance du microbiote intestinal

Le microbiote intestinal, appelé flore intestinale, est considéré comme le deuxième cerveau de notre corps.

Lorsque la diversité du microbiote intestinal est affectée, divers dérèglements peuvent se produire qui pourraient expliquer en partie les cas d’obésité, de diabète, de maladies inflammatoires graves telles que sclérose en plaques, maladie de Crohn, syndrome du côlon irritable, troubles fonctionnels intestinaux…


LES LIENS ENTRE LE SYSTÈME IMMUNITAIRE ET LE MICROBIOTE


C’est au moment de la naissance que le système immunitaire de bébé fait réellement face au monde extérieur et à la colonisation bactérienne qui débute lors de l’accouchement au contact de la flore vaginale de la mère.

Cette colonisation permet le développement des défenses immunitaires, ainsi que la distinction entre les micro-organismes pathogènes et ceux avec lesquels le corps pourra vivre en symbiose. Le système immunitaire supervise ainsi la composition du microbiote.

L’importance de cette relation peut être soulignée par le fait que 70 à 80 % des cellules immunitaires logent dans les intestins.


Les premières lignes de défense du corps sont la peau, les muqueuses, les poils, le sébum et le mucus, et la paroi des intestins. Quand ces barrières naturelles fonctionnent correctement, le système immunitaire a moins besoin de travailler.

La paroi des intestins sépare le monde intérieur du monde extérieur. Les cellules épithéliales qui la composent reconnaissent les micro-organismes pathogènes (virus, bactéries, champignons...) grâce à des récepteurs qui leur permettent d’ajuster la réponse immunitaire par rapport au type d’attaque. Dans ces cellules épithéliales, on trouve aussi d’autres cellules immunitaires.


Nous avons le pouvoir d’entretenir cette relation d’équilibre entre microbiote et immunité en assurant l’intégrité de la barrière intestinale et donc en évitant la dysbiose (prolifération de mauvaises bactéries au détriment des bénéfiques).

Cette dysbiose peut être le résultat d’un stress chronique, ou de la prise d’antibiotiques, mais le paramètre fondamental de son apparition reste l’alimentation.

Une alimentation avec une majorité d'aliments riches en graisses saturées, en sucres, en sel, en additifs et pauvres en micronutriments et en fibres, est à l’origine de la plupart des dysbioses. Les mauvaises bactéries avides de cette « malbouffe » vont proliférer et agir sur le comportement alimentaire de l’hôte pour obtenir ce qu’elles veulent, ce qui crée un cercle vicieux.


QUE MANGER POUR MAINTENIR LA PERMÉABILITÉ DE L'INTESTIN ?


Un régime riche en fibres (prébiotiques) va stimuler les bonnes bactéries dont c'est la nourriture préférée. La fermentation de ces fibres par les bonnes bactéries va produire des acides gras à chaîne courte, source d’énergie pour les cellules épithéliales.

Ils permettent de lutter contre l’inflammation et d'assurer l’intégrité de la barrière intestinale.

Les prébiotiques sont surtout présents dans les légumes (artichaut, oignon, échalote, asperge, betterave, brocoli, choux de Bruxelles et autres choux, aubergine, fenouil, pissenlit, ail, poireau, pois mange-tout, champignon, salsifis, céleri, endive…), les fruits (banane peu mûre, pomme, poire, pastèque, kaki, prune, châtaigne, baie de goji, agrume, noix de coco…), les aliments contenant de l’amidon résistant (tubercules, banane verte, riz cuit et refroidi…).


Une alimentation saine et protectrice contient aussi des aliments sources de probiotiques. Ces produits s’obtiennent par fermentation, un procédé de conservation traditionnel. Les aliments fermentés se font cependant de plus en plus rare dans le régime occidental. Légumes lacto-fermentés, natto, pain au levain, kéfir et kombucha sont sources de probiotiques. Ils doivent faire partie de l’alimentation quotidienne pour entretenir la population microbienne et sa diversité dans le microbiote intestinal.


La vitamine D semble aussi jouer un rôle dans l’intégrité de la barrière intestinale, une supplémentation en cas de carence aide à augmenter la richesse du microbiote.

Les glucosinolates contenus dans les légumes crucifères aident à assurer la protection de la paroi intestinale grâce à des métabolites issus de leur digestion. Brocoli, chou-fleur, chou de Bruxelles, chou Romanesco, chou kale, chou vert, chou frisé, chou chinois doivent donc être consommés très régulièrement lorsque la saison le permet.

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